• Petits pas, grands pas.

    Posted on février 12, 2014 by in Actualités

     

    Je sais que vous êtes un certain nombre à suivre mes pérégrinations et réflexions sur le chemin de la danse, à base de métaphores routières, naturalistes et bisounoursières. (Hey, bonjour, vous allez bien?) Elles sont sans fin, on dirait bien !

    Comme toujours, elles font suite à une dense période de danse (allitération un peu moche, vous m’excuserez, mais je ne résiste pas), et comme souvent, elles font suite à une scène. J’ai eu beaucoup de retours enthousiastes sur ma prestation de Samedi, y compris (liquéfaction et estime de soi gonflée, mode ON) de la part de Valérie. Je n’avais pas l’impression d’avoir fait quelquechose de tellement « plus » que les fois précédentes. Et pourtant, visiblement, ce « plus » était perceptible par les spectateurs. Je me demande dans quelle mesure ce « plus » n’est pas un mix entre zénitude, confiance en soi et plaisir (pas grand-chose à voir avec le talent et/ou la technique, finalement). Ceci dit, ces trois éléments, quand on y pense, ne sont pas les plus simples à éprouver sur scène.

    Ce sont mes échanges avec mes danseuses, hier (je ne peux décemment plus dire mes élèves, tellement elles s’approprient leur apprentissage et tellement elles sont plus que cela, mais je n’arrive pas encore à me défaire du possessif…), qui m’ont fait soulever les notions de déclic, de bond, et la notion de petit pas dans l’assimilation.  La linéarité n’est pas absente de la progression. Quelle que soit la discipline, la régularité de l’entraînement du corps, l’apprentissage conscient ou inconscient des postures, l’assouplissement ou le renforcement des muscles, tout cela est du travail de longue haleine, et les changements se voient d’une année sur l’autre, exercice après exercice. Petits pas.

    Mais pour tout ce qui nécessite du lâcher prise, pour les changements d’angle de vue, c’est l’opposé. Il y a le jour avant, et le jour après. Pour ma part, il y a clairement eu le jour où j’ai décidé de regarder le public dans les yeux. D’être PRESENTE sur scène, avec lui. Ou plutôt lui AVEC moi. C’est tout. Grand pas.

    C’est tout et pourtant, il n’y a rien qui m’insupporte plus qu’une discussion ou celui d’en face n’est pas réellement là avec moi, alors pourquoi diable le faisais-je sur scène ? Comme si c’était possible d’être là, sous les projecteurs, et de faire comme si j’étais dans ma bulle au milieu de mon salon. Evidemment qu’on se sent seule et apeurée, jugée… Alors que le public est là, et tout disposé à nous soutenir, nous encourager, plein de bienveillance et prêt à l’échange (sinon il ne serait pas là). Et du coup, tout se déroule, le rythme que l’on donne à l’histoire que l’on raconte, les émotions, l’échange, on va au bout de nos mouvements, comme on irait au bout de notre phrase. Une des danseuses a dit : ce qui fait la différence c’est la justesse. Et oui, probablement que j’étais plus juste, car j’étais (enfin) sincère sur scène. A raconter, à donner plus qu’à cacher et retenir (et tant pis pour la perfection du geste).

    Dès que j’ai la vidéo, je vous la montre, et je vous raconte l’histoire de cette histoire.

    Je ne peux finir ce billet que sur, encore une fois, cet immense sentiment de gratitude envers la danse et ce qu’elle m’apporte, qui englobe tellement de choses, et tellement plus vastes que moi.

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